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Le défi


Le défi de santé et de productivité du Canada

La productivité détermine la valeur créée par les travailleurs et soutient en définitive de meilleurs salaires, de meilleurs emplois et un niveau de vie plus élevé.

Depuis plus d'une décennie, le Canada affiche un rendement inférieur à la moyenne de l’OCDE en ce qui concerne le PIB moyen par heure travaillée, un indicateur clé de la productivité. En 2024, la productivité du Canada, mesurée par le PIB par heure travaillée1, s’est établie à 59,40 $ US, soit environ 29 % de moins que celle des États-Unis, qui atteignait 84,11 $ US2. Selon les prévisions, le Canada affichera la plus faible croissance du PIB réel par habitant parmi les économies avancées de l’OCDE au cours des 40 prochaines années3.

La productivité du Canada accuse un retard de près de 30 % sur celle des États-Unis

Canada

$5940 USD

59,40 $ US par heure travaillée

États-Unis

$8411 USD

84,11 $ US par heure travaillée


Bien que de nombreuses causes de la faible productivité du Canada, notamment le sous-investissement des entreprises, soient connues depuis des années, un aspect demeure largement sous-estimé : le rôle que joue le système de santé, à la fois comme facteur contribuant au problème et comme levier potentiel pour en atténuer les effets.

Tout comme la productivité, les résultats en matière de santé sont en recul. La proportion d’adultes se déclarant en très bonne ou en excellente santé mentale est passée de 72,4 % en 2015 à 59 % en 2021, le recul le plus marqué étant observé chez les 18 à 34 ans4. Le tableau de la santé globale n'est pas meilleur : après deux décennies de stabilité, la proportion d’adultes se disant en très bonne ou en excellente santé a chuté de 68,6% à 56,4% entre 2015 et 2024, là encore avec la plus forte baisse chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans5.

L'espérance de vie ajustée en santé, soit le nombre d'années qu'une personne peut espérer vivre en bonne santé, a diminué de 3,5 ans depuis son sommet en 2012, effaçant plus d'une décennie de progrès6. Les temps d'attente se sont également allongés : le délai médian d'attente entre la référence du patient et le traitement a plus que triplé, passant de 9,3 semaines en 1993 à 28,6 semaines en 20257. Pour un Canadien en âge de travailler, cette attente n'est pas seulement stressante, elle coûte cher. L'Institut Fraser a estimé que l'attente des soins a coûté aux patients canadiens plus de 4,2 milliards de dollars en pertes de salaire et de productivité en 2025. Cela représente en moyenne plus de 3 000 $ parmi les quelque 1,4 million de Canadiens en attente de soins8.

↓18 %

Baisse de l’état de santé au cours des neuf dernières années


Les répercussions d'une mauvaise santé sur la productivité de la population en âge de travailler ne se limitent pas aux personnes malades. Elles touchent également celles qui assument des responsabilités de proche aidant.

Les économies avancées et le Canada ont besoin d'une main-d'œuvre dynamique pour stimuler la productivité. Comme le souligne l'OCDE–une main-d'œuvre adaptable, mobile, compétente, et capable d'absorber le changement9. Or, il est difficile d’acquérir de nouvelles compétences et de nouvelles technologies, de changer d’emploi ou de déménager lorsque la maladie force une personne à quitter temporairement ou définitivement le marché du travail, ou lorsqu’elle doit s’absenter pour prendre soin d’un proche. Les changements démographiques ajoutent de l'urgence : un Canadien sur cinq a maintenant plus de 65 ans, ce qui augmente la demande pour la gestion des maladies chroniques, les soins de longue durée et les soins familiaux10. Bien que de nombreux Canadiens jouissent d’une meilleure santé et demeurent actifs sur le marché du travail plus longtemps, le nombre croissant de personnes âgées entraîne une hausse des maladies chroniques et des besoins en matière de soins et d’accompagnement. Le résultat est une pression soutenue sur les dépenses de santé et sur la participation au marché du travail, ce qui rend d’autant plus urgente la mise en œuvre de réformes favorisant la productivité.

Au Canada, les efforts visant à accroître la productivité ont principalement mis l’accent sur l’investissement et la technologie, tout en sous-estimant l’importance du capital humain11. Or, il est impossible de maximiser les retombées des investissements, de l’innovation ou du perfectionnement des compétences si la main-d’œuvre n’est pas en assez bonne santé pour en tirer pleinement parti.

Le Canada dépense plus que jamais pour la santé (probablement environ 400 milliards de dollars en 2025, soit 12,7 % du PIB12), mais il se classe en dessous de la moyenne selon plusieurs indicateurs de santé13. Bien que nos valeurs dictent de traiter la santé comme un engagement social partagé, elle peut et doit aussi être gérée aussi délibérément que tout autre moteur de croissance.

C'est exactement ce que le cadre de l’écart santé-productivité de Deloitte (HPG) est conçu pour aider. Une mauvaise santé affecte la productivité d'une manière que les indicateurs traditionnels ne capturent que partiellement, allant de la capacité de travail réduite à la perte de participation, des sorties prématurées du marché du travail et un potentiel à long terme diminué. Le HPG estime la production économique que le Canada perd lorsque la mauvaise santé limite la capacité des gens à participer au marché du travail. En traduisant ces impacts liés à la santé en dollars, le cadre montre où des actions ciblées pourraient récupérer la production perdue et renforcer la capacité productive du Canada, tout en améliorant la santé.

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