Réduire l'écart
Où le Canada perd en productivité en raison des enjeux de santé
Pour tirer pleinement parti des possibilités inexploitées d’amélioration de la productivité au Canada, il est utile de considérer deux composantes sous-jacentes.
Combler ces deux lacunes structurelles offre la plus grande valeur : préserver la santé des gens, mieux soutenir ceux qui vivent déjà avec des maladies chroniques et favoriser une plus grande capacité de main-d'œuvre.

L'écart de prévention
Apacité perdue à cause de conditions qui auraient pu être évitées.

L'écart de participation
Capacité réduite en raison des maladies chroniques, des troubles de santé mentale et l'aide aux soins.
L'écart de prévention :
Miser davantage sur la prévention et le bien-être afin d’éviter la perte d’heures productives
Les investissements en amont sont les plus efficaces. Ils ciblent les causes de la maladie, tandis que les dépenses en aval servent à financer les hôpitaux, les médecins et les traitements. Cette distinction est importante. Selon l’OCDE, la prévention des maladies non transmissibles génère des retombées sociales et économiques nettement supérieures à celles associées au traitement des maladies une fois qu’elles sont déclarées. Les maladies chroniques évitables réduisent la participation au marché du travail, diminuent la productivité et font augmenter les coûts21. À titre d’exemple, les rendements socioéconomiques de la vaccination des adultes peuvent atteindre 19 fois l'investissement initial22.
Pourtant, le système canadien demeure fortement axé sur les soins en aval. Selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), plus de la moitié des dépenses totales de santé en 2025 iront aux hôpitaux (26 %), aux médecins (13,8 %) et aux médicaments (13,3 %)23. La plupart de la productivité, cependant, est acquise ou perdue bien avant que les soins aigus ne soient nécessaires.
L’idée de réorienter les soins vers l’amont n’est pas nouvelle; elle fait partie du discours sur la réforme du système de santé au Canada depuis des décennies. Ce qui distingue aujourd’hui cette occasion, c’est la reconnaissance que la prévention constitue un investissement en productivité générant des retombées mesurables. L’avantage des organisations dépend moins du montant investi que de la façon dont ces investissements sont conçus.
L'écart de participation :
S'attaquer aux maladies chroniques, à la santé mentale et aux soins afin de maximiser le bien-être et de garder les gens à rester productifs
Trois facteurs se conjuguent pour freiner considérablement la productivité : les maladies chroniques, les enjeux de santé mentale et les responsabilités liées à la prestation de soins. Ensemble, ils réduisent la participation au marché du travail, la présence au travail et le rendement des travailleurs, tout en diminuant la qualité de vie de millions de Canadiens. À l’heure actuelle, ces pressions évoluent dans une direction préoccupante :

Maladie chronique
L'incidence des maladies chroniques ne cesse d'augmenter. En 2023, près de la moitié des adultes canadiens vivaient avec une ou plusieurs maladies chroniques (46,1 %), comparativement à 41,2 % en 201526. Le traitement des maladies chroniques représente environ 58 % des coûts annuels des soins de santé27.

Santé mentale
La santé mentale constitue le principal facteur des invalidités de longue durée (40 % des demandes de règlement en 2024), avec une hausse de 33 % pour les demandes liées à la dépression et de 50 % pour celles liées à l’anxiété en 2025 par rapport aux niveaux d'avant 202028. La consommation de substances aggrave également ces répercussions. Dans le secteur de la construction, par exemple, jusqu'à 33 % du personnel occupant des postes critiques pour la sécurité déclare être sous l’effet de substances, souffrir des effets d’une consommation récente ou consommer des substances peu avant ou pendant le travail29. Plus largement, les problèmes de santé mentale entraînent aussi des coûts indirects importants pour l’économie canadienne, notamment en raison des besoins accrus en soutien au logement ainsi que de la demande accrue de services policiers et correctionnels.

Proche aidant
Les responsabilités liées aux soins apportés à un proche ajoutent un troisième fardeau. Près de huit millions de Canadiens offrent des soins non rémunérés, et la majorité des proches aidants actifs déclarent une réduction de leurs heures de travail, de leurs revenus ou de leurs possibilités d’avancements30. Il s‘agit du levier le plus important pour accroître la participation au marché du travail et stimuler la productivité.